Ernesto et les miettes agglutinées
3.5 Ernesto et les miettes agglutinées

Ernesto est timide et joueur, et bien que parfois très en retrait dans la relation, sa présence est agréable.

Il a peur des bruits et de l’agitation autour de lui.

Il se presse dans ses déplacements pour vite aller s’asseoir. Il évite le regard en tournant la tête à l’opposé de celui qui lui parle ou lorsqu’il serre la main. Il ne parle presque pas, sinon pour nommer les prénoms des personnes qui ne sont pas là. Il a la particularité de ne jamais être absent (bien que d’apparence fragile, il n’est jamais malade).

Ernesto est vite déstabilisé par les changements qu’il redoute et qui l’angoissent.

Il travaillera la terre sans jamais changer sa façon de la manipuler et les formes produites seront très identiques les unes aux autres (certaines étant plus compactées, d’autres plus aérées). Il prendra toujours la même place et n’en changera jamais.

Il détache avec deux doigts des petits morceaux de terre du volume initial, les aplatit avec son index et les colle en les agglutinant les uns aux autres, recomposant ainsi un autre volume.

A la deuxième séance, alors que nous avons positionné devant lui la forme précédente qui a séché, il continue à détacher de petits morceaux qu’il écrase et tente de les agglutiner à la forme séchée. Cela donne un objet dur, recouvert d’une carapace molle. Cela tient un temps, mais à la fin de la séance la forme se sépare en deux, la partie molle du jour se détachant de la partie sèche de la séance précédente.

A la troisième séance, il questionne beaucoup sur l’absence de Maria (« Et Maria, où ? »), il fait une nouvelle forme, laquelle se construit à mi-chemin entre la planchette et la table sur laquelle elle déborde.

A la quatrième, il recouvre de petits morceaux la forme séchée de la séance précédente, mais ensuite les décolle et refait une autre forme, cette fois-ci molle.

Il rit aux interpellations de Paul.

Il travaille la matière avec une seule main, l’autre étant cachée sous la table.

Pendant de nombreuses séances, Ernesto recouvre la forme sèche, puis déconstruit la forme et en reconstruit une autre, se servant du modelage précédent comme d’un support.

Il utilise désormais la paume de sa main pour aplatir le nouveau modelage sur celui de la séance précédente. Il accélère le rythme à la fin, comme pour terminer le morceau de terre alloué et ne pas en laisser.

Par la suite, il pourra faire une forme avec deux couleurs de terre (lors de la séance 18). C’est un moment où Ernesto est perturbé par les changements (trois personnes de son groupe vont partir dans une autre institution), il les nomme beaucoup et demande même « Et Thierry, où ? », Thierry qui était dans son groupe et qui est parti, mais depuis plusieurs années.

En revanche, l’absence de Maria n’est pas relevée. Mais dans l’après-coup nous comprendrons que ce départ fut tellement soudain et sidérant, que c’est à partir du fameux Thierry qu’Ernesto parle de Maria. Nous ne le relèverons que trop tard pour pouvoir le reprendre en groupe.

La présence d’Ernesto est très répétitive, à l’image de ses formes. Nous le sollicitons assez peu. En revanche, il est très attentif aux états du groupe et est facilement liant avec les autres qui semblent tantôt le fasciner, tantôt lui faire peur. Il me montre beaucoup Boris du doigt lors de l’arrivée de ce dernier dans le groupe.

Il se laisse aussi patiemment interpeller ou manipuler par Paul, comme une « bonne pâte.»
Miettes et morceaux agglutinés par Ernesto
« duale » philosophie « politique bio politique » autour de soi comme en soi
 
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