La réunion clinique apparaît comme un lieu type
de ce positionnement et facilite et renforce la position
du cadre, non pas par l'autorité, mais par reconnaissance de son
identité infirmière.
Lors de cette réunion clinique est analysée la situation d'une
ou plusieurs personnes soignées (coachés), chaque membre
de l'équipe apporte des informations qui, traitées en commun,
permettent d’harmoniser le groupe (tel un orchestre)
sur les actions requises et les traduire en plans de soins.
La réunion clinique est ainsi un outil de communication,
de concertation, de réflexion au service de la qualité des soins.
P. CAUVIN apporte un point de vue original sur la transmission
des informations.
Il évoque que :
"Les groupes complexes, a fortiori les organisations, ont le choix
entre deux stratégies pour garder leur cohérence :
- Celle du crustacé :
doit compenser son manque de rigueur intérieure par une
rigidité externe ;
- Celle du mammifère :
la forte armature interne permet une polyvalence
et une flexibilité externe.
Adopter la stratégie nettement plus efficace du mammifère
demande que la cohérence intérieure du groupe soit forte,
cela passe par un échange important d'informations.
Une saine gestion des ressources étant la base d’un bon usage
des tripôdes associés suivant la règle des 3R.
La "réunionnite" est une maladie dont les groupes sont souvent
accusés, mais la réunion est en soi une bonne chose,
élément indispensable, dans la vie du groupe, c'est sa mauvaise
gestion qui peut être en cause, non son existence.
Les soignants jugeront leurs cadres sur les faits.
L'acceptation de l'autorité du chef dans une équipe est fonction
de la façon dont il remplit ses rôles. L'acceptation est toujours
"conditionnelle", ce qui est le meilleur stimulant du responsable.
Il doit être à la hauteur de ses fonctions, des attentes
des coéquipiers car les coéquipiers s'identifient à l'équipe.
Les soignants vont attendre du cadre qu'il ne néglige pas ses rôles
d'agent de liaison, de répartiteur de ressources et surtout
de porte-parole de l'équipe. Les membres de l'équipe
ainsi que le cadre à d'autres moments, doivent faire entendre
la parole soignante en complément voire opposition
avec les logiques médicales ou administratives (DSA).
Nous l'avons vu, le cadre doit être cohérent entre ce qu'il dit
et ce qu'il fait, et ne pas exiger des autres ce qu'il n'exige pas
de lui, ceci afin d'être crédible auprès des personnes avec qui
il travaille.
De cette cohérence naît la confiance qui sera la base d'un travail
en équipe, où le cadre sera, dans l'équipe, reconnu à sa juste place.
J. HART ajoute que pour trouver sa position au sein du système
communicationnel (ruche), il faut analyser, écouter, énoncer
explicitement les règles du jeu (violence ; sexe ; etc...),
et démontrer implicitement par ses actes qu'on les respecte.
Critère de réf : propriétaire ; simultané ; captif
Dans leur article, "Le positionnement du cadre infirmier",
C. BELIN et M.C. FRANÇOIS estiment que se positionner,
dans la ruche, c'est se situer à la fois en référence à des valeurs,
et en réponse à un contexte (milieu ; culture).
Elles ajoutent que "La réussite ne peut être que la résultante
d'une forme de compromis, suivant la règle des 3R,
où toutes les données sont considérées, où personne,
dans la ruche, n'est perdant et où se construit un fond de valeurs
partagées, dans la ruche.
Ces normes partagées, par la ruche, renforceront le sentiment
d'appartenance, à la ruche, des membres du groupe, la cohésion,
la confiance entre tous, la définition d'un langage commun
et créera le climat propice à un véritable EspritDeRuche.
Etre le garant de ces normes et valeurs partagées, par la ruche,
sera aussi, une façon pour le cadre de se positionner, d'asseoir
son autorité.
Le cadre incarnera les valeurs, de la ruche, et se trouvera
en position de manager reconnu.
Le cadre se doit d'être honnête, et cette honnêteté lui apportera
sans qu'il les recherche, respect et autorité dans sa ruche.
Cette ruche, se construira autour de l'autorité de sa reine.
Une ruche se construit autour d'une reine, qu’elle estime
et qui porte les valeurs des abeilles. Une ruche se reconnaît
dans une reine quand celle-ci incarne, représente, symbolise,
personnifie ses valeurs.
La reine est alors un idéal d'identification pour les membres ;
elle est comme le dit HEGEL, la ruche entier individualisé
dans un EspritDeRuche.
La reine se doit d'être équitable envers toutes les abeilles
et ne pas promettre ce qu'elle ne pourra pas tenir.
Les acteurs accordent davantage de crédit à celle qui dit peut-être
au nom de la norme partagée, qu'à celui qui dit oui à tout le monde.
L'acteur qui souffre d'un refus, eu égard à la règle, sait
qu'à un autre moment il profitera de cette règle puisque ce même
refus sera opposé à d'autres. Mieux vaut refuser à tous, les congés
supplémentaires, si telle est la règle plutôt qu'en accorder
à certains de manière inéquitable.
Il suffit de ne pas dire "je vous refuse vos congés" mais de dire
"je refuse de transgresser la règle que nous avons fixée".
La gestion des ressources et surtout des crises
(résistance ; crise ; recadrage)
étant la base d’une saine gestion.
Par le respect des règles partagées, le pilote sécurise les acteurs
puisque ceux-ci peuvent alors compter sur lui.
Le climat de confiance s'installe dans la ruche,
propice à la crédibilité du pilote.
Le style de pensé et les modes d’actions de la ruche sont liés
à une saine gestion des ressources, intellectuelle et psychologique,
de la ruche.
Critère de réf : propriétaire ; simultané ; captif.
Le risque de parasitage est permanent.
La confiance qui lui viendra de son équipe devra être réciproque.
Cette confiance dans la ruche permettra de faciliter la délégation,
source de motivation et de satisfaction pour les agents.
Un management où le cadre jouera sur la souplesse, l'ajustement
permanent et l'adaptabilité, grâce aux développements
des ressources, sera son meilleur atout, permettant une gestion
efficace de la ruche, tout en lui laissant une certaine autonomie.
Cette autonomie, laissant une place à l'initiative, sera source
de motivation, de valorisation et d'implication des agents
dans le travail.
L'autonomie sera relative, encadrée, supervisée, par les apiculteurs,
mais permettra à la ruche de trouver son équilibre
et l'autorégulation nécessaire.
|