Etude d'un groupe cybernetique (7)
           Le leader ship situationnel selon K. BLANCHARD

Les deux idées principales développées par K. BLANCHARD sont :

 - il n'y a pas de style de leader ship meilleur qu'un autre ;
 - l'exercice du pouvoir doit s'adapter aux circonstances
   et aux ressources des personnes.

Le cadre va :

 - adapter son style de management ;
 - privilégier le développement des ressources des personnes ;
 - évaluer l'autonomie des personnes et des groupes ;
 - estimer le partenariat avec les collaborateurs (CCP).

L'autonomie des personnes et des groupes est évaluée
selon deux critères :

 - l'engagement (motivation et confiance
   dans la capacité de faire) ;

 - la compétence (connaissance acquise ;
   aptitude à l'utiliser).

En combinant ces deux critères, deux à deux, K. BLANCHARD
définit quatre situations possibles :

1  -  Le Débutant Enthousiaste (engagé mais sans compétence) ;

2  -  L'Apprenant Désillusionné (aux compétences
                                              encore limitées ;
                                              le vécu des premières difficultés
                                              diminue son engagement) ;

3  -  Le Collaborateur Capable mais Prudent (CCP)
                                             ( la compétence grandit
                                               mais le doute demeure,
                                               fait varier l'engagement ) ;

4  -  L'Expert Autonome (engagé ; compétent).

Une même personne peut se trouver à des niveaux différents
selon la nature de la tâche :

un infirmier expert dans son domaine peut se trouver en position
de débutant si on lui confie une mission administrative.

K. BLANCHARD définit alors quatre orientations de management
selon les quatre situations précédemment décrites :

1.     -     Diriger :
              l'autonomie est faible,
              le débutant enthousiaste a besoin
              d'acquérir les compétences,
              son engagement élevé
              ne nécessite pas
              de soutien accru ;

2.     -     Entraîner :
              correspond au stade où
              les compétences sont encore sommaires,
              demandent de la directivité.
              De plus, la désillusion de l'apprenant
              exige un soutien élevé ;

3.     -     Epauler un CCP :
              convient au moment où
              la compétence se développe,
              ne demande plus de directivité.
              Par contre, les périodes de doute
              nécessitent un soutien ;

4.     -     Déléguer :
              est associé à un niveau d'autonomie élevé :
              compétence et engagement élevés.

Ce leadership situationnel de K. BLANCHARD est un des modèles
les plus concrets et les plus développés pour comprendre
les conditions d'exercice de l'autorité, en améliorer la pratique.

               Un management appuyé sur l'individualité

Le cadre de santé peut manager son équipe de différentes façons.

Tous les styles de leadership se rencontrent, mais les difficultés
subsistent quand il s'agit de faire coopérer les soignants.

 - la multiplication des réunions ;
 - une réelle politique de communication ;
 - un langage cohérent de la part du cadre ;
 - un positionnement adapté ;

sont des moyens de renforcer le travail d’équipe.

La cohésion d'une équipe est à la fois liée à :

 - l'homogénéité dans les aspirations communes (buts) ;
 - les valeurs partagées
         (erreurs et qualités des praticiens et praticiennes) ;
 - l'hétérogénéité, source de créativité et de "vie" dans l’équipe
         (mise en commun des différents styles de pensés
          et modes d’actions de l’équipe)

Cette "vie" ne peut s'épanouir sans communication
qui est une des pièces maîtresses dans les rouages
de la dynamique des groupes.

Cette communication doit être groupale pour permettre :

 - le partage des informations ;
 - l'occasion aux agents de mieux se connaître.

La réunion de service, même si elle ne peut être "la solution
miracle", est une aide et déjà un bon début,
quand on pense que beaucoup de services
ne connaissent pas ce moment de rencontre
entre agents.

La communication doit être également inter-personnelle,
notamment avec le cadre de santé.

Que ce soit envers l'équipe ou un seul de ses agents, le discours
du cadre doit être des plus cohérents.

De là naît la confiance qui permet un véritable échange.

L
e cadre, son positionnement envers l'équipe, sont reconnu
il s'implique personnellement dans sa fonction ;
chaque membre de l'équipe est en droit d'attendre
d'être également pris en considération individuellement,
d'être reconnu comme un agent
personnellement impliqué dans la mission.

Les théories sur les organisations font d'ailleurs la part belle
à l'individu, qui dans une équipe, cherchera sa propre satisfaction :

 - tout être étant individualiste par nature.

La société allant dans la même dynamique, il nous semble
intéressant de proposer un "contre-pied" à ce qui peut être
considéré aujourd'hui comme un manque d'humanité :

                              L’individualité

En effet, les valeurs partagées, dont le cadre se doit d'être
le garant ne peuvent faire oublier que pour être heureux
dans son travail il faut pouvoir y trouver sa propre satisfaction.

Un management basé sur l'individualité peut favoriser
le travail en équipe.

Alors, chaque soignant, s'il est considéré comme une personne
à part entière, et non comme un « pion » sur l'échiquier,
de plus en plus désert, des acteurs de soins, peut être valorisé
par une prise en charge individuelle de la part de son manager.

Celui-ci devra, avant de mettre en place les conditions
d'un travail en équipe :

 - faire en sorte que l'agent soit satisfait
   de ses conditions individuelles de travail.

Le cadre peut jouer la "carte" du management individuel
et ainsi favoriser une prise de conscience chez les soignants,
reconnus en tant qu'individus, que l'on écoute
et à qui l'on confie des missions.

Un discours cohérent de la part du cadre
et cette prise de conscience de la part des soignants
peuvent faire émerger une valeur commune,
celle du respect de l'individu, ce qui favorisera l'acceptation
des différences.

Gageons que cette prise en charge individuelle de tous
les soignants par un management adapté, personnalisé,
amènera chaque agent vers plus d'ouverture à l'autre
et plus de spontanéité dans le travail en commun.
 
A lire :  Du biopouvoir à la démocratie :
ISBN    978-2-85952-774-7

www.presses.ehesp.fr/
sciences-humaines-sociales/
essais/
6-sante-publique-biopouvoir-democratie
 
Fruit des interrogations croisées d’un philosophe
et d’un homme de santé publique, cet essai conjugue :

           critique documentée et propositions constructives.

Face à la montée du "biopouvoir" déjà identifiée
par Michel Foucault, les auteurs veulent redonner
toute leur place au "sujet désirant" de l'Empire Cybernétique
((unités de stock des infrastructures «virtuelles»
 (leur service étant assuré par voie électronique)) ;

et au Citoyen de notre République Laïque Française.

Mais le Sujet, de l'Empire Cybernétique, ne veut pas toujours
son "bien", (L'unité de stock se heurte, parfois, à des acteurs
                  ayant des style de penser et des modes d'action
                  déplacer (critére de référence de propriétaire)) ;

et les Citoyens de notre République Laïque Française se dérobe
trop souvent (violences ; sexe ; etc...) aux responsabilités
du "vivre ensemble".

Une invitation à la réappropriation lucide du jeu démocratique,
seul à même de créer les conditions de possibilité
du déploiement de la santé.
( e-santé ; nanomédecine ; etc... ).
Fin
 
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