Perspectives_5
Le libéralisme, lui, est traversé par le principe :
  • On gouverne toujours trop ;
ou du moins, il faut toujours soupçonner qu'on gouverne trop.

La gouvernementalité ne doit pas s'exercer :
  • sans une "critique" ;
autrement plus radicale qu'une épreuve d'optimisation.

La gouvernementalité
ne doit pas s'interroger :
  • seulement sur :
    • les meilleurs moyens :
      • d'atteindre ses effets ;
        • (ou sur les moins coûteux) ;
  • mais aussi sur :
    1. la possibilité ;
    2. la légitimité ;
  • même de son projet d'atteindre des effets.
Le soupçon qu':
  • on risque toujours de trop gouverner ;
est habité par la question :

pourquoi faudrait-il gouverner ?

De là, le fait que :
  • la critique libérale :
ne se sépare guère d'une problématique ;
  • nouvelle à l'époque ;
de la "société" :
  • c'est au nom de celle-ci qu':
    • on va chercher à savoir pourquoi :
      • il est nécessaire :
        • qu'il y ait un gouvernement ;
  • mais en quoi on peut s'en passer ;
    • et sur quoi :
      • il est inutile ;
      • ou nuisible ;
    • qu'il intervienne.
La rationalisation de la pratique gouvernementale :
  • en termes de :
    • raison d'État ;
impliquait sa maximalisation sous condition d'optimum :
  • dans la mesure où :
    • l'existence de l'État :
      • suppose immédiatement :
        • l'exercice du gouvernement.
La réflexion libérale :
  • ne part pas de :
    • l'existence :
      • de l'État ;
        • trouvant :
          • dans le gouvernement ;
            • le moyen de remettre à un moment ultérieur cette fin :
              • qu'il serait pour lui-même ;
  • mais de :
    • la société :
      • qui se trouve être :
        • dans un rapport complexe :
          • d'extériorité et d'intériorité :
            • vis-à-vis de l'État.
C'est elle :
  • à la fois :
    1. à titre de condition ;
    2. de fin dernière ;
qui permet de ne plus poser la question :
  • comment gouverner ?
    • le plus possible ?
      • au moindre coût possible ?
Mais, plutôt celle-ci :
  • pourquoi faut-il gouverner ?
C'est-à-dire :
  • qu'est-ce qui rend nécessaire :
    • qu'il y ait un gouvernement ;
  • quelles fins un gouvernement doit-il poursuivre ;
    • à l'égard de la société ;
  • pour se justifier d'exister.
L'idée de société :
  • c'est ce qui permet :
    • de développer une technologie de gouvernement :
      • à partir du principe qu':
        • étant déjà en lui-même :
          • "de trop", "en excès" ;
        • ou du moins qu':
          • il vient s'ajouter comme un supplément :
            • auquel on peut - on doit :
              • toujours demander :
                1. s'il est nécessaire ;
                2. à quoi il est utile.
Plutôt que de faire de la distinction :
  1. État ;
  2. société civile ;
un universel historique et politique :
  • qui peut permettre d'interroger :
    • tous les systèmes d'actions concrets ;
on peut essayer d'y voir :
  • une forme de schématisation :
    • propre à une technologie particulière :
      • de gouvernement ;
  • un instrument critique :
De sorte que :
  • dans toute la nation, on pourra trouver le libéralisme :
    • sous des formes différentes (vierge ou prothésé web 4.0) mais simultanées ;
      • comme schéma régulateur de la pratique gouvernementale
      • comme thème d'opposition parfois radicale.
La pensée politique anglaise, à la fin du XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe, est fort caractéristique de ces usages multiples du libéralisme.
Et plus particulièrement encore :
  • les évolutions ;
  • les ambiguïtés ;
de Bentham et des benthamiens.

Dans la critique libérale :
  • il est certain que :
    • le marché comme réalité ;
    • l'économie politique comme théorie ;
      • ont joué un rôle important.
Mais, comme l'a confirmé le livre important de P. Rosanvallon :

Rosanvallon (P.)
Le Capitalisme utopique
critique de l'idéologie économique
Paris, Éd. du Seuil, coll, "Sociologie politique", 1979

le libéralisme n'en est :
  • ni la conséquence ;
  • ni le développement.
Le marché a plutôt joué :
  • dans la critique libérale ;
le rôle :
  • d'un "test" ;
  • d'un "lieu" ;
    • d'expérience privilégiée :
  • où on peut repérer les effets :
    • de l'excès de gouvernementalité ;
      • et même en prendre la mesure :
l'analyse des mécanismes de la "disette" :
  • ou plus généralement du commerce de grains, au milieu du XVIIIe siècle
avait pour but de montrer à partir de quel point gouverner c'était toujours trop gouverner.

Et qu'il s'agisse :
qu'il s'agisse, donc :
  • d'une analyse :
    • visant à rendre visible ;
      • dans la forme de l' "évidence" ;
        1. la formation de la valeur ;
        2. la circulation des richesses ;
ou au contraire :
  • d'une analyse :
    • qui suppose l'invisibilité intrinsèque :
      • du lien :
        • entre :
          1. la recherche du profit individuel ;
          2. l'accroissement de la richesse collective ;
de toute façon l'économie :
  • montre une incompatibilité :
    • de principe ;
      • entre :
        1. le déroulement :
          • optimal :
            • du processus économique :
        2. une maximalisation :
          • des procédures gouvernementales.
C'est par là :
  • plus que par :
    • le jeu des notions ;
que les économistes :
  • français ou anglais du XVIIIe siècle ;
se sont séparés du :
ils ont fait échapper :
  • la réflexion :
    • sur la pratique économique :
      1. à l'hégémonie :
        • de la raison d'État ;
      2. à la saturation :
        • par l'intervention gouvernementale.
En l'utilisant comme mesure :
  • du "trop gouverner" ;
ils l'ont placée :
  • "à la limite" :
    • de l'action gouvernementale.
Le libéralisme ne dérive pas plus
d'une réflexion juridique
que d'une analyse économique


Ce n'est pas l'idée :
  • d'une société politique ;
Mais :
  • dans la recherche d'une technologie libérale de gouvernement ;
il est apparu que :
  • la régulation par la forme juridique ;
    • constituait un instrument :
      • autrement efficace que :
        • la sagesse ou la modération des gouvernants.
Les physiocrates, eux :
  • avaient plutôt tendance :
    • par méfiance du droit et de l'institution juridique ;
  • à chercher cette régulation :
    • dans la reconnaissance ;
      • par un despote au pouvoir institutionnellement illimité ;
    • des lois "naturelles" :
      • de l'économie :
    • s'imposant à lui :
      • comme vérité évidente.
Cette régulation :
  • c'est dans la "loi" que le libéralisme l'a cherchée ;
non point par un juridisme :
  • qui lui serait naturel ;
mais parce que :
  • la loi :
    • définit des formes d'interventions générales :
      • exclusives :
        • de mesures particulières ;
          • individuelles ;
            • exceptionnelles ;
  • et parce que la participation :
    • des gouvernés :
      • à l'élaboration de la loi :
        • dans un système parlementaire ;
      • constitue le système le plus efficace :
        • d'économie gouvernementale.
ont donc :
  • pendant tout le début du XIXe siècle ;
    • partie liée avec le libéralisme ;
mais :
  • tout comme :
    • l'économie politique :
      • utilisée d'abord comme critère :
        • de la gouvernementalité excessive :
    • n'était ni par nature ni par vertu libérale ;
      • et qu'elle a même vite induit :
        • des attitudes antilibérales :
    • que ce soit dans la Nationaloekonomie du XIXe et dans les économies planificatrices du XXe ;
  • de même :
    • la démocratie ;
    • l'État de droit ;
      • n'ont pas été forcément libéraux ;
        • ni le libéralisme forcément démocratique :
        • ou attaché aux formes du droit.
Plutôt qu'une doctrine :
  • plus ou moins cohérente ;
plutôt qu'une politique :
  • poursuivant un certain nombre de buts :
    • plus ou moins définis ;
Michel Foucault serait tenté de voir :
  • dans le libéralisme ;
    • une forme de réflexion critique :
      • sur la pratique gouvernementale ;
Cette critique peut venir de l'intérieur ou de l'extérieur.

Elle peut :
  1. s'appuyer sur telle théorie économique ;
  2. se référer à tel système juridique :
    • sans lien nécessaire et univoque.
La question du libéralisme :
  • entendue comme question du "trop gouverner" ;
a été l'une des dimensions :
  • constantes :
de ce phénomène :
  • récent en Europe ;
apparu, semble-t-il, d'abord en Angleterre :
  • à savoir la "vie politique" ;
Elle en est même l':
  • un des éléments constituants ;
si tant est que :
  • la vie politique existe :
lorsque la pratique :
  • gouvernementale :
est limitée :
  • dans son excès possible :
par le fait qu':
  • elle est l'objet de débat public :
    1. quant à son "bien ou mal" ;
    2. quant à son "trop ou trop peu".
Bien sûr :
  • il ne s'agit pas là d':
    • une "interprétation" du libéralisme :
      • qui se voudrait exhaustive ;
  • mais d'un plan d'analyse possible :
    • celui de la "raison gouvernementale" ;
  • c'est-à-dire de ces types de rationalité :
    • qui sont mis en œuvre :
      • dans les procédés par lesquels on dirige ;
    • à travers une administration étatique ;
      • la conduite des hommes.
 
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